La thérapie par le rire : comment ça marche ?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Les bienfaits du rire sur la santé

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Un enfant rit en moyenne 300 à 400 fois par jour. L'adulte ne rirait lui que 20 fois par jours. Des études démontrent que les individus laissent de moins en moins de place au rire : 19 minutes en 1939, 6 minutes en 1983 et moins d’une minute aujourd’hui. Des chiffres surprenants surtout lorsqu’on sait que 7% des français prétendent ne pas rire du tout. La tendance est la même à l’échelle mondiale. Les raisons sont difficiles à expliquer même si les rythmes de vie stressants et les conventions sociales intransigeantes induisent une pression sociale généralisée (carrière professionnelle, compétitivité, rendement, etc.). Selon les médecins, 10 à 15 minutes de rire par jour permettraient pourtant de se maintenir en bonne santé. Concrètement, le rire a des répercutions sur :

  • La douleur. En distrayant et en réduisant les tensions musculaires, le rire permet d’agir sur la douleur. Il augmente la production de catécholamines, des anti-inflammatoires aux propriétés antidépressives qui agissent comme une morphine naturelle.
  • La digestion. Le rire est un moyen naturel de lutter contre la constipation car il provoque une gymnastique abdominale qui favorise une bonne régulation du transit intestinal. L’estomac et les intestins se contractent, ce qui améliore le processus de digestion.
  • Le système immunitaire. En riant, les échanges respiratoires sont 3 fois plus importants qu’à l’état normal. L’organisme reconstitue ainsi ses réserves en oxygène.
  • Le sommeil : en supprimant les tensions, le rire nous détend et permet de s’endormir plus facilement. Un bon remède contre l’insomnie !
  • Le stress. Le diaphragme est sollicité et la respiration est régulée lorsqu'on rit. Ainsi les tensions peuvent plus facilement être évacuées. Le rire détend grâce au sentiment de convivialité et d’humour qu’il induit.
  • L’énergie. Le rire influence l’humeur, nous rendant joyeux et énergiques. Cela peut avoir des répercutions sur notre santé psychique. En riant, l’organisme libère des endorphines qui ont un effet antidépresseur et anxiolytique.

Le rire et les émotions

Le rire est un acte de communication universel. Il s’agit d’abord d’un réflexe physique qui permet d’exprimer ses émotions : joie, gaieté, optimisme, bonheur, humour, satisfaction, etc… Or les émotions font partie du quotidien. Alors doit-on en conclure que si l’individu rit moins, c’est qu’il se perd dans ses émotions négatives ?

Selon l’OMS, en Occident, 80% des maux sont dûs aux émotions non exprimées. Colère, frustration, tristesse, rancœur, peur, etc... Autant d’émotions négatives que l’individu intériorise et qui ont des impacts négatifs sur sa santé. Les émotions négatives affaiblissent le système immunitaire en créant des blocages, vecteurs de maladies.

Dans les années 80, le Dr Henri Rubinstein, neurologue français, avançait l’idée selon laquelle 1 minute de rire était comparable à 45 minutes de relaxation1. Le rire nous permet donc d’évacuer l’angoisse, la pression et le stress quotidien.

Le bonheur serait à 50% héréditaire et l’environnement jouerait pour 10%. Les 40% restant reviennent à la volonté de l’être humain d’être heureux et à ce qu’il entreprend pour l’être2. Les émotions positives ont un rôle important pour un bon état de santé général. Elles jouent sur le moral, l’humeur et l’énergie. Il a été démontré qu’il existe par exemple un lien entre émotions et cancer (voir notre dossier Existe-t-il un lien entre cancer et émotions ?). Associer émotions positives et rire stimule le système immunitaire. L’attitude positive qu’il implique induit un certain optimisme indispensable dans la lutte contre la maladie et pour favoriser l’efficacité des traitements.

 

La thérapie par le rire englobe un certain nombre de pratiques. On parlera selon le lieu de rigologie, de rigolothérapie, de yoga du rire, de gélothérapie ou encore de rirothérapie.

En France, la rigologie a été élaborée en 2002 par Corinne Cossero. Elle a fondé L'Ecole Internationale du Rire qui utilise un ensemble de techniques psycho-corporelles d'éducation émotionnelle destiné à stimuler la joie de vivre, l'optimisme, la créativité et d'une manière plus générale la bonne santé mentale, émotionnelle et physique. Ainsi des rigologues sont formés à ces pratiques jusqu’au Canada.

Des études ont montré que le rire intentionnel produit les mêmes effets physiologiques et psychiques que le rire spontané. Ainsi différents outils ont été pensés :

  • Le yoga du rire. C’est une pratique développée par le Dr Madan Kataria qui affirme que le rire permet de stimuler la sécrétion d’endorphine, l’hormone du bonheur. Le yoga du rire n’utilise pas l’humour pour faire rire. Il fait appel à ce que le Dr Kataria nomme « le rire sans raison », le rire spontané de l’enfant que chaque adulte a en lui mais qu’il refoule la plupart du temps.  Une séance type comporte des exercices de rire, d’étirements, de relaxation et de respirations empruntées au yoga.
  • La sophrologie ludique. Elle a été créée par Claudia Sanchez et Ricardo Lopez en 1985 à la faculté de Sophrologie sociale en Colombie. Il s’agit d’une branche pédagogique de la sophrologie caycédienne créée en 1960. La sophrologie ludique permet de prendre conscience de son corps à travers des mouvements lents, une certaine posture, le lâcher prise ainsi que des sensations et des perceptions que l’on peut avoir de son corps.
  • Les jeux. Le jeu renvoie à l’enfant, ce qui prédispose au rire. Il peut s’agir de jeux d’éveil, de coopération, de brise-glace, de détente ou d’expression. Tous permettent de lâcher prise, d’évacuer le stress et d’oublier la peur du ridicule car l’idée est belle et bien de gagner. Il permet aussi de renforcer la cohésion du groupe en créant le contact entre les uns et les autres. Cela instaure aussi un climat de confiance important pour pouvoir se vider l’esprit.
  • La méditation du rire s’effectue généralement en fin de séance de rire mais elle peut aussi se pratiquer seule. En position allongée, les participants se détendent et laissent émerger ce qu’ils ont en eux, qu’il s’agisse de rires ou de pleurs. La plupart du temps la séance se termine par un fou rire général grâce à un phénomène de contagion. Les tensions physiques et émotionnelles se retirent pour laisser place à un bien-être profond.

Conseils pratiques

Depuis la création du premier club de rire en Inde, des milliers de clubs ont vu le jour à travers 65 pays. On observe un réel engouement pour cette pratique. Pour certains le rire est si rare qu’il est devenu un luxe. C’est en libérant ses émotions qu’on peut apprendre à mieux les gérer. Les principales peurs de l’être humain sont la mort et celle du ridicule. Mais le ridicule ne tue pas et le rire permet de pallier aux blocages qu’il induit.

La thérapie par le rire permet donc de mieux se connaître en mettant les inhibitions et l’apparence de côté. Ainsi chacun peut en extraire des habitudes de gestion émotionnelle. Outre la pratique en club, la thérapie par le rire est de plus en plus utilisée dans les hôpitaux. Le personnel hospitalier et les patients y sont très réceptifs. Cela amène de la gaieté dans un quotidien conditionné par la maladie. En entreprise, les pratiques autour du rire se développent de plus en plus grâce aux services des ressources humaines. Entre gestion du stress et développement personnel, ces ateliers sont aussi bénéfiques pour le management.

On peut se perdre dans la multitude de pratiques alternatives qui ont émergé ces dernières années. Mais chacun peut y trouver son compte en fonction de ses convictions et de ses croyances. Finalement, ce que l’on recherche tous c’est le bien-être, peut importe l’outil qui permet de l’atteindre

 

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Article collecté sur le site :

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=zoom-therapie-par-le-rire-conseils-pratiques

 

Edité le 22.12.12 par :

signature piaf

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