Mercure : faut-il avoir peur de nos plombages dentaires ?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

68680661 pVoici un interview de Françoise Cambayrac, auteur du livre "Vérités sur les maladies émergentes" 

   

Mercure : faut-il avoir peur de nos plombages dentaires ?

 

Fatigue chronique, fibromyalgie, dépression, Alzheimer… Et si ces maladies étaient dues à une intoxication aux métaux lourds ? C’est la thèse que défend Françoise Cambayrac dans son livre Vérités sur les maladies émergentes, pour avoir expérimenté elle-même une contamination au mercure. En cause, notamment, nos amalgames dentaires qui nous empoisonneraient au quotidien. Elle a répondu à nos questions sur ce qu’elle considère être une pollution qui ne dit pas son nom.

 

Propos recueillis par Elyane Vignau pour psychologie.com

 

 

Psychologies : Comment avez-vous découvert les dangers du mercure ?

 

 

Françoise Cambayrac : Tout est parti de ma propre expérience : il y a quelques années, je me suis retrouvée malade sans explication. Migraines, mémoire « qui fout le camp » - je ne retrouvais plus mes mots, je ne reconnaissais plus les gens -, douleurs diffuses et changeantes. La réponse des médecins ? « Vous êtes en parfaite santé ! » car les analyses médicales revenaient systématiquement négatives. Je finissais par les agacer : ils ne trouvaient pas d’explication, je les mettais en situation d’échec. En tant que patiente, c’est très déstabilisant : vous avez mal et vous êtes mal, mais cela ne se voit pas et ne s’explique pas. Vous finissez par vous demander si vous êtes bien normale, si ce n’est pas un problème psy.

 

 

Comment avez-vous fait le lien entre vos problèmes et le mercure ?

 

 

C’est une amie qui m’a parlé d’un médecin, le Docteur Melet, qui mettait en cause les amalgames dentaires dans l’apparition de symptômes proches des miens. Mais à l’époque, ces thèses me paraissaient complètement farfelues. Pour moi, le dentiste, c’était sacré, presque un ami ! Je ne voulais pas croire qu’il puisse être à l’origine de mes problèmes.

Mais deux ans plus tard, j’étais tellement mal que j’ai fini par le consulter : j’ai fait les tests qu’il me proposait et qui ont décelé une forte présence de mercure dans mon organisme, bien supérieure aux normes. Une fois le mercure éliminé, mes troubles ont commencé à s’estomper, avant de disparaître. Il en a été de même pour ma fille, fibromyalgique, dont l’état s’est amélioré après les traitements. Alors je me suis dit qu’il fallait porter ces faits à la connaissance de tous, surtout après la disparition du Dr Melet.

 

 

On ne vous avait jamais fait réaliser de test sur le mercure au cours de toutes ces années ?

 

Non, jamais. Ces tests sont rares, d’autant que le mercure n’est pas facilement détectable dans le sang ou les urines. Il faut prendre un produit spécifique qui va aller le chercher dans les organes, où il était stocké, pour l'éliminer naturellement par voie urinaire.

 

 

Si les tests se révèlent positifs, est-il possible d’être « décontaminé » ?

 

 

Oui, il existe un traitement à prendre chez soi, mais c’est une cure de long terme. Ma première cure a duré 7 mois et demi et l’amélioration est apparue après 3-4 mois. J’ai fait une pause, un test pour contrôler le niveau de mercure, puis refait une cure jusqu’à ce que le taux de mercure diminue. Et que mes symptômes disparaissent.

La position officielle de notre pays est résumée dans le rapport de l’AFSSAPS d’octobre 2005 qui conclut à l’innocuité des amalgames. Pourtant, à l’étranger, ils sont de plus en plus souvent interdits ou très strictement encadrés. C’est le cas en Norvège, en Suède, au Danemark et au Canada. Les Etats-Unis ont décidé de les supprimer progressivement. Tout comme le Conseil de l’Europe…

 

 

D’où vient ce mercure ?

 

 

La principale source, c’est le mercure dentaire. Nos amalgames en sont pleins et celui-ci, on le sait, finit par s’échapper et par contaminer le corps. Les dentistes continuent pourtant d’en poser à tour de bras, même s’il existe des restaurations qui n’en contiennent pas, les composites en résine. Mais le principal problème, c’est que peu de dentistes acceptent d’enlever les amalgames déjà en bouche. Ce n’est pas prévu dans la nomenclature de la sécurité sociale et il leur faut une raison pour les remplacer.

En réalité, beaucoup ne sont simplement pas au courant des dangers que représentent les amalgames car la position officielle en France, c’est qu’ils sont sans risques. Pourtant, les études prouvant le contraire existent et ils sont aujourd’hui interdits dans plusieurs pays. Mais chez nous, c’est l’omerta.

 

 

Il suffirait donc de ne plus poser d’amalgames et de changer ceux que l’on a…

 

 

Ce n’est pas si simple car le mercure est partout ! Il y en a dans l’eau du robinet et au rayon alimentation, les abats et les poissons en regorgent. Les pires ? La raie, la roussette, le flétan, l’espadon et le thon. Sans parler des coquillages et des crustacés, les moules en particulier, qui en sont chargées.

On en retrouve aussi dans les vaccins, dans certains médicaments et produits d’hygiène ; collyre pour les yeux, solutions pour lentilles de contact, savons pour éclaircir la peau des personnes noires... Sans compter le mercure dans les piles, batteries, baromètres qui a largement pollué notre environnement ou celui contenu dans les ampoules à économie d’énergie et celui qui est stocké dans les laboratoires de physique-chimie des lycées.

 

Cette étude a notamment été citée à l’occasion de la conférence du Dr Anju Usman « Détoxication des patients atteints d’autisme : les traitements biomédicaux » lors du congrès Autisme 2007. Texte téléchargeable sur www.filariane.org/conferences.html

 

 

Comment le mercure affecte-t-il notre santé?

 

 

La première chose à savoir, c’est que le mercure bloque les capacités d’évacuation de l’organisme concernant tous les autres toxiques. Que ce soit d’autres métaux (plomb, aluminium, cadmium) ou des polluants tels que les pesticides ou le bisphénol A… Il y a ce que l’on appelle un « effet cocktail ». Une expérience a ainsi montré que si l’on administre à des rats une dose infime de mercure ou plomb, moins de 1% des cobayes meurent. Mais si on leur administre les deux petites doses en même temps, ils meurent absolument tous !

Les effets du mercure sont en réalité nombreux : c’est un puissant neurotoxique (il s’accumule et lèse le système nerveux), cytotoxique (il modifie notamment la structure biochimique de l’ADN. Mais on sait qu’il est également responsable de déficits immunitaires, que c’est un perturbateur endocrinien et qu’il se révèle toxique pour les systèmes reproducteur et cardio-vasculaire, pour les muscles, mais également pour la phase de croissance intra-utérine, puisqu’il traverse facilement la barrière placentaire.

 

 

Dans le livre, vous liez métaux lourds et maladies émergentes. Quelles pathologies en découleraient ?

 

 

Dès les années 1980, des chercheurs se sont rendu compte que la carte géographique de la sclérose en plaque correspondait à la carte des pays où l’on posait des amalgames dentaires (source : L’amalgame dentaire, un risque pour l’humanité, du Dr Joachim Mutter). Mais bien d’autres pathologies sont pointées du doigt dans différentes études : les maladies neuro-dégénératives - type Alzheimer - l’autisme, la fibromyalgie, la spasmophilie, la fatigue chronique, l’électrosensibilité. Les allergies aussi.

 

 

Soit une très grande variété de maladies et de symptômes. Finalement, quels sont les signes qui peuvent éventuellement nous faire envisager une intoxication au mercure ?

 

Pour moi, le premier signe, c’est une fatigue inexpliquée et qui se prolonge. D’autres symptômes peuvent se greffer mais ils varient beaucoup selon les personnes, ce qui rend la contamination souvent difficile à diagnostiquer. Mais parmi les signes que l’on retrouve souvent figurent les troubles cognitifs, les problèmes dans la bouche (brûlures, aphtes à répétition) et des problèmes ORL récurrents, qui peuvent signifier que le système immunitaire est atteint.

Sur la durée, des troubles digestifs invalidants ou des douleurs inexpliquées, méritent eux aussi d’être interrogés. Comme pour la fatigue chronique, le risque est de se dire : « je vieillis », « je passe mal la quarantaine », « c’est dans la tête, je dois être déprimé ». Bref, de chercher une explication psychologique face à ce qui peut être le signe d’une intoxication belle et bien physique.

 

 

Quelle prise en charge en cas de doute ?

 

 

L’intoxication chronique au mercure n’est pas reconnue en France : seule une dizaine de médecins sont spécialisés dans sa prise en charge. Quant au test, il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale, tout comme le traitement qui dure en général de un à trois ans.

 

Plus d’infos dans le livre de Françoise Cambayrac, Vérités sur les maladies émergentes (Editions Mosaïque-Santé, 2011)


Son site

http://francoise-cambayrac.org/

 

Edité le 150212 par,

Evy - signature animée Titi

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