Péril sur les médicaments ?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Des médicaments orphelins plus chers car destinés à moins de patients

Le colloque "Rare 2011", qui se tient actuellement à Montpellier, rassemble des experts des médicaments. Ces derniers s'inquiètent du climat de défiance vis-à-vis des médicaments "orphelins" destinés au traitement des maladies rares.

Des médicaments orphelins plus chers car destinés à moins de patients

Alors que la France sort à peine de l'histoire du Mediator qui a fait grand bruit, on tire à boulets rouges sur les médicaments dits « orphelins », ceux qui traitent les maladies rares. Il faut dire qu'entre ce climat de défiance vis-à-vis des médicaments et la crise économique mondiale, la suspicion est de mise.

Une maladie est qualifiée de rare quand elle touche moins de 2.000 personnes selon les seuils autorisés en Europe. En France, elle est rare si moins de 30.000 personnes en sont atteintes.

Sur les 5.000 à 8.000 maladies rares répertoriées aujourd'hui, « 200 sont moyennement rares, les autres sont extrêmement rares », a précisé Christel Nourissier, d'Eurordis (association européenne pour les maladies rares)

Pas de « fatalité »

Le colloque « Rare 2011 » rassemble actuellement à Montpellier des experts qui s'inquiètent de cette réserve envers les médicaments orphelins. Ils peuvent bénéficier d'une réglementation européenne incitative depuis 2000 : réduction des frais d'autorisation de mise sur le marché, exclusivité commerciale de dix ans, possibilité de mesure d'aide au niveau national.

Alors on peut se demander s'il faut remettre en cause leur statut particulier. Sont-ils trop chers ? « Les malades qui souffrent de maladies rares ont droit à des traitements aussi efficaces et sûrs que les autres », a martelé Christel Nourissier. La solidarité doit donc primer, et ce quel que soit le prix de ces médicaments. Mais pas de « fatalité » non plus : les associations de malades doivent s'impliquer un peu dans la mise en place d'essais cliniques, selon Christel Nourissier.

Les représentants de l'industrie pharmaceutique sont de leur côté contre les amendements des sénateurs qui durcissent la procédure réglementaire. Ils plaident pour la spécificité des ces médicaments qui s'adressent à un petit nombre de patients. Les prix des médicaments orphelins sont donc plus élevés, d'autant que leur production et leur distribution se fait par petits lots, comme l'ont souligné les représentants de l'industrie pharmaceutique.

Par ailleurs, il est très difficile de réaliser une étude clinique sur les maladies rares, les manifestations cliniques étant souvent différentes d'un patient à l'autre. « Quand on développe un nouveau médicament pour le diabète, on bénéficie de 30 années d'expérience », a déclaré Annick Schwebig, PDG d'Actelion Pharmaceuticals France, alors que pour une maladie rare, le développement part de rien. « Quand on rajoute des études à des études et qu'on les divise par un faible nombre de patients, ça ne fait qu'augmenter les prix », a ajouté Antoine Ferry, président des laboratoires CTRS.

Les ventes en France de médicaments orphelins représentaient 930 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009 (dont les 2/3 réalisés à l'hôpital), soit 3,5 % des ventes de médicaments remboursables.

On prévoit de développer de 8 à 12 nouveaux médicaments orphelins autorisés par an en Europe dans les prochaines années. Un chiffre loin du « fantasme » d'explosion redoutée selon Christel Nourissier.

 


Source : du site d'une louve combat (http://www.francesoir.fr/)

 

Edité par Evy, la blogueuse,

Evy - signature animée Titi


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