Se libérer des somnifères

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Se libérer des somnifères

 

 

Facile de dénoncer la consommation excessive de tranquillisants ou de somnifères ! Plus difficile d’arrêter. Voici des pistes à suivre pour réussir à s’en passer.

 

Un Français sur cinq consomme chaque année au moins un tranquillisant ou un somnifère de la famille des benzodiazépines (BZD) ou apparenté. Et un sur trois après 65 ans.

 

La prescription devrait se limiter à douze semaines pour les tran­quillisants et quatre pour les somnifères, mais la moitié de ces personnes sont sous traitement depuis plus de deux ans.

 

Cette consommation, deux fois plus importante que celle de nos voisins européens, pose une question de santé publique, d’autant que les benzodiazépines sont soupçonnées de favoriser la maladie d’Alzheimer.

Le risque de démence sénile est majoré de 50 %, estime le Pr Bernard Bégaud, pharmacologue et épidémiologiste à l’Inserm-université de Bordeaux (Source : British Medical Journal, 28/9/2012).

Pourquoi se passer de somnifères

« Arrêter, c’est possible », disait la campagne de la Haute Autorité de santé (HAS) en 2012. Possible, mais pas facile.

Ces molécules induisent une dépendance biologique et psychologique. Médecin comme patient doivent être conscients qu’ils engagent la lutte contre une authentique addiction, explique le Pr Jean-Paul Chabannes, psychiatre et expert en psychopharmacologie.

Il existe au moins quatre bonnes raisons pour arrêter ces traitements :

  • ces médicaments ont des effets secondaires reconnus sur la mémoire, le sommeil (cauchemar, insomnie), l’humeur (agitation, irritabilité…), les fonctions psychomotrices (réflexes, équilibre…) et induisent un risque d’altération du cerveau au bout de quelques années ;
  • leurs effets augmentent de 20 % le risque d’accident de la route (source : revue PLOS Medicine, 2010) ;
  • les personnes âgées s’exposent à un risque aggravé de chute avec fractures, hospitalisation et perte d’autonomie ;
  • après plusieurs mois d’utilisation, l’organisme s’habitue à la molécule et son action s’estompe : elle perd de son efficacité. Restent les effets secondaires et la tentation d’augmenter les doses.
Choisir le bon moment pour arrêter les tranquillisants

Le sevrage doit commencer à un moment propice, sans stress professionnel par exemple. Les périodes de congés sont indi­quées, « à condition de ne pas se retrouver seul face aux difficultés à 1 000 km de chez soi », avertit le Pr Chabannes. Il faut pouvoir consulter rapidement son médecin et évoquer ses malaises avec lui.

La parole est d’un grand soulagement, permettant au patient de repartir “regonflé” et de tenir bon pendant un mauvais passage de deux ou trois jours par exemple. (Pr Chabannes)

Le généraliste doit s’impliquer dans le sevrage en proposant au besoin un suivi rapproché. À défaut, il doit diriger son patient vers le centre d’addictologie le plus proche.

Agitation, nervosité, irritabilité... les effets du sevrage

Le médecin comme le patient doivent s’attendre aux phases pénibles, aux rechutes éventuelles et à l’idée qu’il faudra du temps Mais que représentent quelques semaines ou quelques mois difficiles sur une vie ? La motivation et les informations sur le sevrage doivent être méditées pendant quelques jours avant le “top départ”, prévient le Pr Chabannes.

Selon la HAS, il existe plusieurs types de signes de sevrage.

  • Troubles modérés : agitation, anxiété, nervosité, irritabilité, fatigue, insomnie, faiblesse, étourdissement, troubles de la concentration, manque de motivation, céphalée, diarrhées et goût métallique dans la bouche.
  • Troubles plus sévères : cauchemars, confusions, distorsion des perceptions ; tachycardies et palpitations ; tremblements ; vertiges ; nausées, vomissements.

Ce sont des symptômes de manque. S'y s’ajoutent les troubles anxieux à l’origine du traitement, qui ressurgissent violemment durant quelques jours avant de s’apaiser.

Diminuer progressivement les doses de somnifères

L’arrêt brutal est totalement déconseillé. Le médecin va établir avec vous un programme sur plusieurs semaines, ou plusieurs mois s’il le faut, pour éliminer les différentes molécules, en réduisant progressivement les quantités, quart par quart.

Chaque diminution de médicament est suivie d’un palier de quelques jours à trois semaines, voire plus, selon les signes de sevrage qui apparaissent – ou pas – et le temps nécessaire pour qu’ils s’estompent.

Les réactions sont variées, certains patients souffrent de symptômes de sevrage immédiatement, d’autres n’ont pas trop de difficultés jusqu’au dernier quart, note le Pr Chabannes.

Si les signes sont sévères ou persistants, il faut s’interroger sur l’existence d’une dépression, qui doit alors être traitée avec les médicaments spécifiques, ou rechercher les causes éventuellement médicales d’une insomnie.

L’hospitalisation doit être envisagée en cas de signes graves tels que confusion, troubles de la vigilance, convulsions.

Recourir à toutes les aides possibles

L’information et le soutien psychologique sont les premiers recours.

Mais il ne faut négliger aucune des approches non médicamenteuses qui ont fait leurs preuves contre le stress et l’anxiété :

  • les thérapies comportementales et cognitives,
  • la rééducation au sommeil,
  • la relaxation par la sophrologie,
  • le yoga,
  • l’exercice physique doux,
  • la phytothérapie
  • et l’homéopathie.

Attention en revanche aux faux amis, la cigarette ou l’alcool, pour soulager les tensions et la nervosité.

 

Auteur : Christine Baudry

 

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Edité le 08 juillet 2013 par,

 

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