Un antidouleur dans le venin du mamba noir

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Le mamba noir, alias "Dendroaspis polylepis".

C'est le serpent africain le plus dangereux. Son venin tue à coup sûr, et rapidement, si un antidote n'est pas administré dans les minutes qui suivent la morsure : le mamba noir, alias Dendroaspis polylepis, agressif et rapide, peut légitimement passer pour une sale bête. Mais sa réputation pourrait s'améliorer, grâce à une équipe française qui vient de découvrir dans son venin un antidouleur prometteur.

Comme ils l'expliquent dans la revue Nature du 4 octobre, Eric Lingueglia (Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Valbonne, CNRS, université Nice-Sophia Antipolis) et ses collègues ont extrait du venin meurtrier un composé qui semble présenter des propriétés analgésiques comparables à celles des opiacés, sans les effets secondaires habituels (tolérance, addiction).


Canaux ioniques


Cette équipe s'est spécialisée dans l'étude des canaux ioniques, ces protéines présentes dans la membrane des cellules, qui peuvent laisser passer des atomes chargés électriquement, susceptibles d'activer ou d'inhiber des influx nerveux. Elle s'intéresse à une classe de canaux ioniques dits "ASICs", qui jouent un rôle-clé dans la perception de la douleur.


"Nous avons testé une cinquantaine de venins d'animaux différents pour voir s'ils bloquaient les canaux visés", raconte Eric Lingueglia. Celui du mamba noir s'est montré actif. Il a ensuite fallu isoler le composé responsable de cet effet biochimique. Il s'agit d'un peptide, baptisé "mambalgine" et aussitôt breveté, qui représente moins de 0,5 % du volume du venin. Son utilité pour le serpent reste une énigme. Testé sur des rongeurs, il s'est révélé efficace pour bloquer la douleur et a fonctionné in vitro sur des canaux ioniques humains.


Mais il faudra des années pour s'assurer que cette molécule sera active et bien tolérée chez l'homme, admet Eric Lingueglia. A ce jour, "seule la médecine traditionnelle chinoise fait appel à un venin de serpent, le cobra, comme antalgique", note-t-il.


Mais l'exemple du venin d'un mollusque marin, Conus magus, dont a été tiré le ziconotide, un antidouleur utilisé en cancérologie, laisse penser que l'évolution, en façonnant les armes de certains animaux, a procédé à un travail de sélection dont on pourrait s'inspirer avec profit...

 

Article collecté sur le site :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/10/04/un-antidouleur-dans-le-venin-du-mamba-noir_1770387_1650684.htmlLE MONDE SCIENCE ET TECHNO |

Par Hervé Morin - ZOOLOGIE

 

 

Merci à Nathalie pour nous avoir communiqué cet article :

Edité le 10.12.12 par :

Evy - signature animée Titi

 

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