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Fibromyalgie : la piste de l'inflammation cérébrale confirmée par l'imagerie.

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Impliquée dans la défense immunitaire du système nerveux central, la microglie est davantage activée et de manière généralisée dans le cerveau des patients atteints de fibromyalgie. C’est ce qu’ont découvert des chercheurs suédois et américains, grâce à une technique d’imagerie basée sur le marquage spécifique de ces cellules.

En montrant que cette maladie, mal comprise, est liée à un état inflammatoire persistant dans le cerveau, les chercheurs suggèrent une nouvelle piste thérapeutique, qui passerait par une modulation des cellules gliales. Selon eux, la découverte devrait aussi contribuer à une meilleure reconnaissance de la fibromyalgie.

La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique. Elle se caractérise par des douleurs diffuses persistantes, qui peuvent débuter dans le dos et le cou avant de s’étendre dans le reste du corps, et s’accompagne d’une fatigue chronique, d’une perturbation du sommeil ou encore de troubles de la mémoire et de l’attention.

Prévalence de 1,6%

En France, selon une récente enquête épidémiologique, la fibromyalgie touche 1,6% de la population, en grande majorité des femmes. La maladie, difficile à diagnostiquer, a longtemps été négligée. La prise en charge est inégale et s’appuie essentiellement sur des traitements symptomatiques, à défaut d’avoir identifié l’origine des troubles.

 

Plusieurs études ont suggéré le rôle éventuel de l’inflammation du système nerveux central dans l’apparition des troubles. Des travaux menés par Eva Kosek et son équipe (Karolinska University Hospital, Stockholm, Suède) ont ainsi révélé des taux anormalement élevés de protéines inflammatoires dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) de patients atteints de fibromyalgie.

En collaboration avec des chercheurs américains dirigés par Marco loggia (Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School, Boston, Etats-Unis), la même équipe a pu, cette fois, confirmer la présence d’une inflammation dans le cerveau de ces patients, grâce à une technique d’imagerie combinant l’IRM à la tomographie par émission de positons (TEP).

Les astrocytes également scrutés

Les deux équipes ont utilisé un produit radioactif ayant la capacité de se lier de manière spécifique à la protéine de translocateur (TSPO), un biomarqueur associé à la neuro-inflammation qui est surexprimé dans les microglies activées. Les chercheurs peuvent alors visualiser par imagerie le niveau d’activité des cellules microgliales.

Pour rappel, les microglies sont des cellules immunitaires apparentées au macrophages évoluant dans le système nerveux central. Elles représentent 5 à 10% des cellules gliales, les autres étant majoritairement des astrocytes, qui ont davantage un rôle fonctionnel dans le réseau neuronal.

Au total, 31 patients atteints de fibromyalgie, en majorité des femmes, ont participé à l’étude multicentrique. La moyenne d’âge était de 50 ans. Un examen par imagerie IRM/TEP a été effectué, après injection du marqueur. L’équipe suédoise a, en plus, utilisé un autre marqueur pour visualiser l’activité des astrocytes.

Auteur : Vincent Richeux

Source : https://francais.medscape.com/

Un grand merci au Collectif  Fibromyalgie tous ensemble

pour ce partage sur Facebook.

 

 

!  A T T E N T I O N  !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable,a vant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité.  Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension. 

 


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Le syndrome de fatigue chronique serait lié avec un système immunitaire trop actif.

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

La fatigue chronique n'est pas une maladie psychologique mais un véritable syndrome ayant des causes biologiques. Une nouvelle étude suggère qu'une hyperactivité du système immunitaire favorise ce syndrome à long terme. 

La fatigue chronique, aussi appelée encéphalomyélite myalgique, est un syndrome qui touche entre une personne sur 600 et une personne sur 200 dans les pays industrialisés. Mais ses causes demeurent inconnues. Les personnes qui sont touchées par ce syndrome connaissent une grande fatigue physique et mentale, qui persiste dans le temps : même en prenant du repos, les patients ne retrouvent pas la forme. Certains présentent aussi des troubles du sommeil, des douleurs articulaires, musculaires, des maux de gorge et de tête, ou des problèmes de mémoire. 

LE SAVIEZ VOUS ???

Le syndrome de fatigue chronique touche souvent de jeunes adultes entre 20 et 40 ans, et deux fois plus de femmes que d’hommes.

Parfois, une infection bactérienne ou virale, comme la grippe, précède l'apparition des symptômes, mais le rôle du système immunitaire dans la fatigue chronique n'est pas encore très clair. Une étude britannique parue dans la revue Psychoneuroendocrinology apporte un nouvel éclairage. Deux de ses auteurs, tous deux chercheurs au King's College de Londres, en commentent les résultats dans un article en ligne de The Conversation.

Pour ces travaux, les scientifiques ont étudié 55 patients infectés par le virus de l'hépatite C, qui ont été traités avec de l'interféron alpha. Ce traitement stimule le système immunitaire et est efficace contre l'hépatite C, mais il présente des effets secondaires : il conduit souvent à de la fatigue. Les chercheurs ont eu l'idée de suivre des patients qui allaient recevoir un traitement à l'interféron alpha pour savoir quels facteurs favorisaient l'apparition de la fatigue. 

Les patients traités pour une hépatite C qui ont développé une fatigue à long terme étaient un modèle d’étude pour la fatigue chronique. © Kateryna_Kon, Fotolia

Les patients traités pour une hépatite C qui ont développé une fatigue à long terme étaient un modèle d’étude pour la fatigue chronique. © Kateryna_Kon, Fotolia. 

La fatigue persistante associée à des niveaux élevés d’interleukine 10.

Les patients ont été suivis pendant six mois après le traitement à l'interféron alpha. Dix-huit personnes, soit un tiers des patients étudiés, ont développé une fatigue persistante : six mois après le traitement, ils étaient plus fatigués qu'avant. La fatigue persistante, induite par le traitement à l'interféron, a été considérée comme un modèle d'étude pour le syndrome de fatigue chronique.Avant le traitement à l'interféron alpha, chez les 18 patients qui ont finalement développé une fatigue persistante, les chercheurs ont trouvé des taux plus élevés d'IL-10 (interleukine 10), une protéine «  qui fait partie de la réponse immunitaire coordonnée ». Après le traitement, leurs niveaux d'IL-10 et d'une protéine inflammatoire, l'IL-6, étaient plus élevés que chez les autres patients.

Ceci suggère un lien entre la fatigue persistante et une activation précoce et exagérée du système immunitaire. D'après les deux chercheurs, « Cette activation précoce peut avoir un effet sur d'autres organes, par exemple, ce qui entraîne des modifications biologiques associées à plus de fatigue chronique et aux autres symptômes subis par ces patients. »

CE QU'IL FAUT RETENIR

- La fatigue chronique peut se développer après une infection. 

- Les chercheurs se sont intéressés à des patients infectés par l’hépatite C et traités avec de l’interféron alpha. 

- Certains ont développé une fatigue persistante, ressemblant à un syndrome de fatigue chronique. 

- Les patients avaient des niveaux élevés d’IL-10, une protéine de la réaction immunitaire, avant l’apparition des symptômes. 

La fatigue chronique est une maladie biologique et non psychologique car elle peut être identifiée par des marqueurs dans le sang : c'est ce qu'affirme une étude publiée récemment. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour un traitement contre cette maladie.

Une découverte publiée dans le journal Science Advances constitue la première preuve physique solide que le syndrome de fatigue chronique (SFC) est une maladie biologique, et non un désordre psychologique, et que la maladie comporte des étapes distinctes, affirment les auteurs de cette recherche de la Mailman School of Public Health, à l'université Columbia, aux États-Unis. Sans cause ni traitement connus, le syndrome de la maladie chronique, connu sous le nom d'encéphalomyélite myalgique (ME/CFS), a longtemps laissé les scientifiques perplexes. Il peut provoquer une fatigue extrême, des maux de tête, des difficultés de concentration et des douleurs musculaires.

« Nous avons maintenant la confirmation de ce que des millions de gens atteints de cette maladie savaient : la ME/CFS n'est pas psychologique, affirme Mady Hornig, professeur associé en épidémiologie à la Mailman School et principal auteur de l'étude. Nos résultats devraient accélérer le processus pour établir un diagnosti (...) et découvrir de nouveaux traitements en se concentrant sur ces marqueurs sanguins. »

Dans le sang circulent de nombreuses molécules. Parmi elles, certaines permettent de diagnostiquer certaines maladies. © J. Gathany, CDC

Dans le sang circulent de nombreuses molécules. Parmi elles, certaines permettent de diagnostiquer certaines maladies. © J. Gathany, CDC

Les cytokines, des marqueurs de la fatigue chronique

Les chercheurs ont testé les niveaux de 51 marqueurs du système immunitaire dans le plasma de 298 malades et de 348 personnes en bonne santé. Ils ont découvert que le sang des patients atteints de la maladie depuis trois ans ou moins comportait des niveaux plus élevés de molécules nommées cytokines. En revanche, le sang des patients ayant contracté la maladie depuis plus de trois ans ne présentait pas ce niveau de cytokines. Le lien semble inhabituellement fort avec une cytokine appelée interferon gamma, liée à une fatigue qui suit beaucoup d'infections virales, selon l'étude. Cependant les niveaux de cytokine n'expliquent pas la gravité des symptômes, qui fluctuent selon les jours. Les malades souffrent certains jours et d'autres jours pas du tout.

« On dirait que les malades atteints de ME/CFS sont frappés de plein fouet par les cytokines jusqu'à la troisième année environ. À ce moment-là le système immunitaire montre des signes d'épuisement et les niveaux de cytokine chutent », explique Mme Hornig.

Cette découverte pourrait soutenir la théorie selon laquelle la maladie frapperait des patients vulnérables qui contractent un virus commun comme celui d'Epstein-Barr, à l'origine des mononucléoses, et qui ne parviennent pas à s'en remettre.

Auteure :  Marie-Céline Ray, journaliste à Futura Santé

 Source : https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-syndrome-fatigue-chronique-serait-lie-systeme-immunitaire-trop-actif-57357/

 

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La mélatonine, une hormone multi-fonctions au cœur de nos rythmes biologiques.

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

La caractéristique majeure de la sécrétion de mélatonine est d'être principalement sous le contrôle de la lumière. Celle-ci, et plus spécifiquement le rayonnement bleu du spectre lumineux (courte longueur d'onde), exerce un frein puissant sur la production de l'hormone, si bien que les concentrations sanguines en mélatonine, basses et relativement stables dans la journée, s'élèvent brutalement en début de soirée (entre 20 et 22h) pour atteindre un maximum au milieu de la nuit. Il s'agit donc d'une hormone à sécrétion typiquement nocturne.

On reconnait à la mélatonine une palette très diversifiée d'actions physiologiques. De fait, ses cibles sont multiples dans l'organisme, ce qui s'explique par une distribution très large des "récepteurs" capables de la reconnaître sélectivement à la surface des cellules. Outre son rôle bien établi en tant que régulateur du cycle veille/sommeil et des variations journalières de la température corporelle, la mélatonine agit sur la sécrétion de la plupart de nos hormones. Via ses interactions avec le cortisol, l'insuline et la leptine, elle participe notamment à la régulation de la prise alimentaire, de l'appétit et, au final, de la balance énergétique de l'organisme, d'où son implication possible dans certains cas d'obésité. Mais depuis une dizaine d'années, ce sont surtout d'autres propriétés de la mélatonine qui suscitent un intérêt croissant.

On sait notamment que la mélatonine a une puissante activité anti-oxydante qui protège les systèmes cellulaires et qu'elle stimule par ailleurs la réponse de notre système immunitaire aux agressions, ce qui pose actuellement les bases de recherches très actives sur son potentiel préventif, voire thérapeutique, en cancérologie. On dispose également de données expérimentales indiquant une action significative de la mélatonine dans le vieillissement normal et pathologique. Son intérêt potentiel pour retarder le vieillissement des tissus et organes, voire améliorer la prévention et le traitement des maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, maladie de Huntington, sclérose en plaques) a ainsi été mis en exergue. 

Les multiples fonctions biologiques de la mélatonine sont pour l'essentiel indissociables d'une action majeure sur l'expression de nos rythmes biologiques et le fonctionnement de l'horloge qui les gouverne. La mélatonine est en effet un "donneur de temps" qui joue un rôle prépondérant dans la stabilisation et l'adaptation à l'environnement de nos rythmes intrinsèques, c'est-à-dire produits spontanément en l'absence de tout stimulus extérieur, et dits "circadiens" lorsqu'ils s'expriment selon une échelle de temps proche de 24h (répétition d'un cycle par période de 24h environ définie génétiquement chez chaque espèce). Remis à l'heure par divers synchroniseurs, parmi lesquels le plus puissant est l'alternance jour/nuit, ceux-ci deviennent alors très précisément "journaliers" en s'ajustant au temps astronomique imposé par la rotation de la terre autour son axe (24h exactement).

Outre le fait que la production de mélatonine est nocturne, la durée de sa sécrétion est calquée très précisément sur la durée de la nuit, ce qui fait de cette hormone un indicateur fiable, pour tout l'organisme, de la longueur du jour en fonction des saisons. Cette information temporelle joue donc un rôle essentiel non seulement dans la synchronisation des rythmes circadiens mais aussi dans l'élaboration des rythmes saisonniers déterminés par la rotation de la terre autour du soleil. Elle est cruciale chez les espèces à reproduction saisonnière.

La clé de ce "timing" extrêmement précis réside dans une petite structure de notre cerveau qui fait partie de l'hypothalamus, une région essentielle pour le maintien de nos fonctions vitales, et nommée "noyau suprachiasmatique". Nous l'appellerons "NSC". Celui-ci renferme un mécanisme d'horlogerie très précis reposant sur des interactions complexes entre différents acteurs moléculaires. Cela n'est pas l'apanage du NSC puisque pratiquement tous nos tissus et organes possèdent cette machinerie moléculaire qui leur confère un statut d'horloges à part entière. Toutefois, la spécificité du NSC est d'intégrer les signaux lumière/obscurité. Cette information lui est transmise par un petit groupe de neurones de la rétine, distincts de ceux qui sont responsables de la vision, puis traduite en signaux nerveux et hormonaux qui seront délivrés à l'ensemble de l'organisme. Le NSC coordonne ainsi l'activité de tout le réseau d'horloges, centrales comme périphériques, en permettant l'orchestration de nos rythmes cellulaires, physiologiques et comportementaux, parmi lesquels le rythme veille/sommeil, selon une symphonie parfaitement réglée et ajustée sur le cycle solaire de 24h. Par le signal rythmique qu'elle véhicule, la mélatonine est donc un messager hormonal essentiel à la bonne synchronisation de nos rythmes. D'autres facteurs sanguins y contribuent, notamment le cortisol, hormone "énergisante" produite par les glandes surrénales et dont le pic de sécrétion, à l'inverse de celui de la mélatonine, se situe au réveil.

Le rythme veille/sommeil est l'un des principaux rythmes comportementaux régis par notre horloge biologique. Il n'est donc pas étonnant que la mélatonine, parmi ses multiples fonctions biologiques, en soit un important régulateur. Elle agit plus spécifiquement sur l'endormissement, qui doit être en phase avec la période nocturne du cycle journalier, mais n'a pas d'effet majeur sur la structure proprement dite du sommeil qui dépend de mécanismes cérébraux très complexes. Cela résulte d'une action de la mélatonine sur le système de mesure du temps lui-même, c'est-à-dire sur le NSC. Son rôle au cœur de notre horloge biologique est donc double puisque tout en délivrant un message rythmique à tout l'organisme, elle agit en retour sur le fonctionnement même de l'horloge centrale. De fait, on sait très bien qu'une prise de mélatonine peut décaler l'horloge dans un sens ou dans l'autre (endormissement avancé ou retardé) selon le moment de la journée. 

L'utilisation thérapeutique de ces propriétés dites "chronobiotiques" de la mélatonine, dont témoigne la présence de nombreux récepteurs spécifique à cette hormone au sein même du NSC, a été envisagée dans certains cas de désynchronisation de l'horloge. Les personnes non-voyantes inaptes à intégrer les variations lumière/obscurité sont des cas typiques de désynchronisation puisque leurs rythmes circadiens ne peuvent pas être ajustés à la durée d'une journée classique, au moins lorsque d'autres synchroniseurs, notamment sociaux, ne peuvent pas prendre efficacement le relais. Des études ont montré que, dans ce cas, la prise de mélatonine pouvait permettre une resynchronisation sur le rythme journalier de 24h en normalisant le sommeil. 

Parmi les autres cas typiques de désynchronisation, citons les symptômes induits par le décalage horaire lié aux vols transméridiens (le "jet lag" des anglo-saxons). Les symptômes résultent d'un déphasage entre les rythmes endogènes (internes à l'organisme) et les rythmes exogènes (variations de l'environnement), ce qui a pour effet de produire un état de "désynchronisation interne" dû à la vitesse variable avec laquelle les divers systèmes physiologiques s'adaptent à un décalage brutal des cycles lumière/obscurité et veille/sommeil. La prise de mélatonine à un moment approprié de la journée et selon un dosage bien déterminé peut alors permettre d'accélérer l'adaptation au nouveau cycle jour/nuit. Quant au travail de nuit, et surtout au travail posté, la problématique est beaucoup plus complexe car il s'agit de conditions de désynchronisation chronique pour lesquelles on assiste à un conflit permanent entre les rythmes jour/nuit et veille/sommeil. 

Plutôt que la prise de mélatonine, la luminothérapie constitue aujourd'hui une approche de choix dont l'efficacité a été prouvée pour la prise en charge d'affections typiques d'une désynchronisation des rythmes circadiens, notamment certains troubles du sommeil (dont ceux liés au travail posté) et la dépression saisonnière hivernale consécutive à une diminution de la luminosité en durée et en intensité. Initialement développée pour traiter ce type de dépression, l'approche consiste en une exposition quotidienne à une lumière de forte intensité à des moments précis de la journée, définis selon l'effet recherché (avance ou retard des horaires de sommeil) mais aussi le "chronotype" individuel (le temps interne de chacun). Celui-ci peut être déterminé par une évaluation du profil rythmique de mélatonine dans le sang, ou plus simplement dans la salive. 

Les recherches actuelles permettent d'envisager également l'utilisation de la luminothérapie dans d'autres conditions, normales ou pathologiques, telles que le vieillissement ou certaines maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer). De fait, il s'agit là d'autres situations généralement associées à une désynchronisation de l'horloge. S'agissant du vieillissement, on sait par exemple qu'il s'accompagne de décalages dans les pics de sécrétion de plusieurs hormones, dont la mélatonine qui voit également sa production globale sensiblement réduite. Cela peut rendre compte, au moins en partie, des troubles du sommeil souvent rencontrés chez le sujet âgé. 

Au final, force est de constater que la mélatonine a bien des vertus. Prenons donc soin de permettre sa sécrétion dans des conditions optimales propres à préserver l'harmonie de nos rythmes biologiques et à assurer une bonne régulation de l'horloge centrale qui les orchestre. Les dérèglements de celle-ci peuvent en effet avoir des effets néfastes sur notre santé, ce dont nous aurons l'occasion de reparler.

Auteur : Olivier Boster

Source https://www.mmmieux.fr/la-melatonine-une-hormone-multi-fonctions-au-coeur-de-nos-rythmes-biologiques?

 

 

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